Assise, trempée jusqu’aux os, l’eau froide ruisselait encore de mes cheveux et de mes vêtements. L’humiliation me faisait rire plus fort que le froid. Mais le seau d’eau n’était pas le pire. La vraie douleur venait des années de mépris qui ont suivi ce moment cruel : des moqueries incessantes, des regards glacials et les rappels constants de la famille de mon ex-mari qui me considérait comme une moins que rien.
À leurs yeux, j’étais toujours une pauvre femme enceinte, généreusement tolérée dans leur cercle aisé. Ils me présentaient comme impuissante, sans le sou et indigne de charité, et agissaient comme si m’inviter à leur table était un acte de bonté.