La reconnaissance du syndrome persistant polymorphe
Face à l’impossibilité de diagnostiquer tous les cas grâce aux tests sérologiques, le professeur Perronne a obtenu la reconnaissance du SPPT (syndrome persistant polymorphe après possible piqûre de tique) par le Conseil de la santé publique, puis par la Haute Autorité de santé. Ce diagnostic permet de prendre en charge les patients présentant des symptômes compatibles avec la maladie de Lyme, même en l’absence de test positif.
Cette avancée a provoqué une levée de boucliers de la part des infectiologues institutionnels, qui refusent l’utilisation du terme « chronique » et n’acceptent que le terme « persistant », pourtant synonyme. En 2024, le CDC d’Atlanta a franchi une étape importante en reconnaissant pour la première fois que la maladie de Lyme pouvait être à l’origine de syndromes chroniques, une avancée majeure pour les patients et les médecins engagés dans cette lutte.
Une épidémie en expansion
L’épidémie de maladie de Lyme s’étend géographiquement et dans le temps. Autrefois présentes principalement en été, les tiques sévissent désormais presque toute l’année dans certaines régions. Elles voyagent avec les animaux et les véhicules, et colonisent ainsi de nouveaux territoires. Des espèces résistantes au froid, importées accidentellement, survivent désormais dans des régions où elles ne pouvaient pas s’implanter auparavant.
Les forestiers témoignent d’une agressivité croissante de la part des tiques. Il y a quelques décennies, les rencontres avec ces parasites restaient occasionnelles ; aujourd’hui, certaines zones sont tellement infestées qu’une simple marche de vingt mètres en forêt peut entraîner des dizaines de piqûres. Dans certaines équipes, jusqu’à 20 % des agents sont en arrêt maladie prolongé à cause de cette maladie.
Le statut de maladie professionnelle existe officiellement, mais seuls les patients dont la sérologie est positive peuvent en bénéficier. Les personnes atteintes, malgré des symptômes invalidants, sont rejetées par les organismes officiels, parfois accusées de simulation, et peuvent perdre leur emploi et leur famille.
Que faire en cas de suspicion de maladie de Lyme
Lorsqu’une personne présente des symptômes évocateurs de la maladie de Lyme, il convient d’abord d’éliminer d’autres pathologies. Le professeur Perronne insiste sur l’importance d’effectuer un bilan complet afin d’écarter la possibilité d’un cancer, d’une tuberculose ou d’une autre maladie grave.
Si aucun autre diagnostic n’est posé, un test sérologique peut être effectué, même s’il n’est pas très fiable. En cas de résultat négatif mais de forte suspicion clinique, un traitement antibiotique d’essai d’un mois peut être proposé. Trois scénarios sont alors possibles : aucun effet (ce n’est probablement pas une infection), une amélioration (le diagnostic est vraisemblable) ou une aggravation temporaire des symptômes.
Cette aggravation initiale, loin d’être un effet secondaire, constitue en réalité un signe que le traitement est efficace. Il s’agit de la réaction d’Herxheimer, déjà observée dans le cas de la syphilis, où la destruction massive de bactéries provoque une libération de toxines qui aggrave temporairement les symptômes. Or, de nombreux médecins arrêtent le traitement, ignorant ce phénomène, et privent ainsi leurs patients d’une guérison possible.
Le traitement antibiotique doit généralement être poursuivi pendant au moins trois mois, voire six mois. Dans les formes très anciennes, la bactérie ne quitte probablement jamais complètement l’organisme et un traitement de fond à vie devient nécessaire. Pour éviter une antibiothérapie permanente, le Pr Perronne recommande de restaurer le terrain immunitaire avec des compléments alimentaires : vitamine D, vitamine C, zinc et sélénium. Une alimentation adaptée, excluant les sucres raffinés, ainsi que parfois le gluten et le lactose, peut également soulager les symptômes.
Le rôle prometteur de la phytothérapie
Pendant plus de vingt ans, le Pr Perronne a recommandé des traitements à base de plantes qui ont donné d’excellents résultats chez de nombreux patients. Parmi les plus efficaces, on compte le ginkgo biloba, la propolis, les pépins de pamplemousse, l’origan (un excellent antibiotique naturel), la nigelle (ou cumin noir) et le pycnogénol (un extrait de pin).
Ces plantes ne fonctionnent pas de la même manière chez tous les patients, et il est nécessaire d’essayer différents produits pour trouver celui qui convient le mieux à chacun. Comme pour les antibiotiques, une exacerbation temporaire des symptômes indique souvent que le traitement est efficace. Le professeur Perronne souligne que la plupart des médicaments modernes dérivent de plantes, mais que seules les molécules brevetables intéressent l’industrie pharmaceutique, car les plantes naturelles représentent une concurrence économique.
Une répression médicale inquiétante
De nombreux médecins qui soignaient la maladie de Lyme ont en effet été menacés, sanctionnés, voire radiés de l’Ordre des médecins. Beaucoup ont cessé cette activité ou refusent désormais de prendre de nouveaux patients, par crainte de représailles. Cette répression, qui a commencé en France alors qu’elle touchait à sa fin aux États-Unis, a créé un vide thérapeutique dramatique pour les patients.
Certains malades se tournent vers des médecins à l’étranger, en Suisse, en Allemagne ou en Belgique, mais ces praticiens sont également débordés et ont subi des pressions similaires. Partir se faire soigner aux États-Unis reste une option, mais le coût des consultations, qui se chiffre en milliers de dollars, la rend inaccessible à la plupart des patients.
Des naturopathes, y compris d’anciens médecins radiés pendant la crise du Covid-19, proposent désormais des accompagnements qui peuvent aider les patients, même si ces approches ne suffisent pas toujours. Le professeur Perronne appelle les autorités sanitaires à ouvrir les yeux et à reconnaître enfin la réalité scientifique de cette maladie. Il constate toutefois que le régime politique et sanitaire actuel n’est malheureusement pas favorable au bien-être des Français.
L’espoir renaît néanmoins avec la nomination de Robert F. Kennedy Jr. au poste de ministre de la Santé aux États-Unis. Le président américain a publiquement reconnu que la maladie de Lyme était une bactérie issue de la guerre biologique, ce qui laisse espérer une reconnaissance internationale qui pourrait enfin débloquer la situation en France et en Europe.