« Week-end sans la fiancée du village », chantonna Claire dans son téléphone. « Enfin, la paix.»
Daniel se tenait derrière elles, esquissant un sourire forcé.
M. Han déposa du thé sur mon bureau. « Voulez-vous qu’on les enlève ?»
« Pas encore.»
Mon bureau surplombait tout le complexe. Boiseries sombres. Vue sur l’océan. Un mur de récompenses. Sur l’étagère du milieu trônait le contrat encadré que Vivian n’avait jamais pris la peine de lire : Projet de restauration de Lotus Bay, financé et géré juridiquement par Arden Hospitality Group.
Ma société.
Pas celle de Daniel.
La mienne.
Trois ans plus tôt, Lotus Bay avait fait faillite. J’étais cette femme discrète en civil qui avait redressé ses comptes, renégocié ses dettes, démasqué deux fournisseurs corrompus et transformé une propriété balnéaire abandonnée en le complexe hôtelier privé le plus rentable de la côte.
Les Mercer savaient que je travaillais dans la « finance ». Ils supposaient que cela signifiait des tableurs dans un bureau d’angle appartenant à une personne importante.
Ils n’ont jamais imaginé que j’étais cette personne importante.
À huit heures, la famille entra dans le Pavillon Présidentiel. Vivian s’extasiait devant la piscine face à l’océan, la literie en soie, la pyramide de champagne et le chef privé.
« Tu vois ?» dit-elle à Daniel. « Voilà ce que méritent les vraies familles.»
Claire publia une autre vidéo. « Quand on chasse les énergies négatives, les bénédictions arrivent.»
Je l’ai sauvegardée.