J’ai alors ouvert un dossier intitulé MERCER.
Vivian pensait que la cruauté était synonyme de pouvoir. Mais c’était l’avidité qui la dominait.
Pendant deux ans, elle avait profité de l’accès de Daniel à mon ordinateur portable pour dérober des informations confidentielles : noms de fournisseurs, contacts d’investisseurs, budgets de rénovation. Elle les remettait à l’entreprise de construction de son frère, qui soumettait ensuite des offres gonflées à ma société sous des noms de sociétés écrans.
Je m’en doutais depuis des mois.
J’en avais la preuve depuis des semaines.
Des e-mails. Des virements bancaires. De fausses factures. Des relevés.
Ma belle-mère a jeté ma valise sur le trottoir et a souri comme si elle venait de m’effacer de la surface de la Terre. « Cet hôtel est pour les gens de classe, pas pour les femmes comme toi », a-t-elle lancé, tandis que mon mari détournait le regard. Je suis restée plantée devant le portail doré, humiliée devant des inconnus. Le directeur s’est alors précipité vers moi en s’inclinant. « Mademoiselle Arden, les investisseurs vous attendent dans votre bureau privé. » Et soudain, les rires se sont tus.