L’entraînement secret de Benedita
Le lendemain, Joaquim réveilla Benedita avant l’aube. Il l’emmena dans une clairière cachée, à l’abri des regards, et improvisa un cercle avec des cordes tendues entre les arbres.
Le lendemain, Joaquim réveilla Benedita avant l’aube. Il l’emmena dans une clairière cachée, à l’abri des regards, et improvisa un cercle avec des cordes tendues entre les arbres.
Il avait apporté des sacs de sable à frapper, des morceaux de bois à casser et de vieux livres d’arts martiaux qu’il conservait depuis sa jeunesse. Il ne savait pas appliquer lui-même toutes les techniques, mais il connaissait la théorie : les positions, les mouvements, les esquives et les attaques.
Benedita apprit vite. Sa force était innée, mais elle avait aussi de l’instinct. Cet instinct la nourrissait de la rage accumulée pendant vingt-trois ans de violence, de chaînes, de faim et d’humiliation.
Peu à peu, cette colère changea de forme. Elle cessa d’être une explosion aveugle. Elle devint mouvement, précision, énergie maîtrisée.
Chaque jour, Benedita s’entraînait cinq heures puis retournait travailler à la ferme pour garder la forme. Les mois passèrent. Son corps se fortifia, ses mouvements devinrent plus précis, sa posture plus assurée.
En septembre, trois mois avant le tournoi, Joaquim décida de le mettre à l’épreuve. Il se plaça devant elle pour une simulation.
Il l’a mis à terre en dix secondes.
Joaquim se leva en riant, malgré le sang dans sa bouche, et déclara qu’elle était prête.